Billet invité

Les évènements qui ont marqué l’été 2011 sont venus nous rappeler qu’au contraire des paroles rassurantes entendues ici ou là, la « crise » n’était pas terminée, malheureusement… Cette nouvelle déflagration intervenue dans un contexte difficile pour les dettes souveraines est juste venue nous rappeler, une fois encore, un certain nombre d’évidences :
-    Les politiques, loin de comprendre la profondeur du défi que leur imposent les évènements de 2008 et en prolongement ceux de cet été, sont inaptes à apporter des solutions pérennes qui permettraient de créer à nouveau la confiance chez l’ensemble des acteurs économiques et financiers. Peut-on demander aux pyromanes d’éteindre eux-mêmes le feu qu’ils ont allumé ? En cela, ils sont encore un peu plus responsables de cette situation dramatique et l’on peut s’interroger sur le pourquoi de leur inaction et sur la vacuité des solutions qu’ils ont envisagées, sans d’ailleurs réellement les mettre en place !

- Intérêts financiers et Intérêts communs (le progrès social au bénéfice de tous) ne font pas bon ménage ! l’égoïsme des acteurs financiers (et leur appétit de gain immédiat) doit être aujourd’hui clairement regardé comme facteur essentiel de la « crise » car une économie qui ne se soucie pas du progrès social est une économie mortifère qui ne peut que conduire à des catastrophes… La faillite du système économique et financier actuel, issue de la victoire idéologique des néo-libéraux dès le début des années 80 va coûter cher, longtemps, et pas forcément le plus à ceux qui en sont responsables !

-    La nécessité de trouver un nouveau « paradigme » doit s’imposer à tous, au-delà des frontières, françaises, européennes, et même occidentales. Dès aujourd’hui, il faut réinventer une économie libérée des contraintes énergétiques actuelles, imposer un système financier régulé et non spéculatif, veiller à la juste répartition et au juste accès pour tous aux denrées de premières nécessité… D’aucuns prédisent déjà que la prochaine « guerre » sera celle de l’eau potable dont on sait qu’elle est aujourd’hui menacée autant par les polluants industriels et agricoles que par le souhait de certains de privatiser à tout prix cette eau pour en faire une denrée commerciale comme une autre…
Pouvons-nous sereinement dès lors dire que cette fois, nous avons « touché le fonds » et que les marchés financiers, purgés de leurs excès, sont à nouveau attractifs ? Les lecteurs attentifs du blog de Michel Leroy savent que l’optimisme béat n’est pas notre spécialité, et qu’au contraire notre conviction, exprimée à de multiples reprises depuis la création de ce blog, est toute autre : ce que j’appelle en titre le « Big One » des marchés financiers n’a pas encore eu lieu : la crise des dettes souveraines ne fait que commencer, la croissance dans le monde occidental est réellement en panne, et circonstance aggravante, le crise sociale, tant en Europe qu’en Amérique, n’en est qu’à ses balbutiements…
Aussi, à l’instar de la Californie qui attend « son » plus gros tremblement de terre du siècle dans les années à venir (9 sur l’échelle de Richter disent les spécialistes…), le monde occidental peut s’attendre (à court terme ?) à une « tectonique des marchés » extrêmement violente ! Un CAC 40 à 3000 ou 3500 points ne veut pas dire grand-chose au regard des enjeux précités, et il serait nous semble-t-il présomptueux de dire que les actions sont à leur « cours d’achat », même si les habituelles références du marché actions semblent nous l’indiquer.
Le cours actuel de l’or, le niveau des prix dans le secteur immobilier, la baisse très relative des taux à long terme, tout ceci pourrait être vite balayé par une nouvelle dégradation de la notation d’une dette souveraine, par un très mauvais chiffre de la (dé)croisssance américaine, par une augmentation continue et forte du chômage dans les pays occidentaux, etc…
Notre devoir de Conseil en Gestion de Patrimoine est aujourd’hui d’inciter nos clients à la prudence, et plutôt que de rechercher une vaine performance sur des marchés erratiques, de sécuriser au maximum les actifs de nos clients par une bienvenue diversification, par une souplesse accrue dans les patrimoines (plus de liquidités…) et par une patience réelle pour les mois à venir !
Jean-Noël Chaumont