La perte de valeur du contrat, consécutive à une allocation d’actifs inadaptée doit être prise en compte pour la détermination de l’impôt du en cas de rachat du contrat. Jusqu’à présent, l’administration fiscale ne s’était pas préoccupée de cette question. Sans doute, ce silence tenait au fait que le constat de la perte lors du rachat conduisait à l’absence de toute imposition.
Cependant, la perte de valeur du contrat au moment d’un rachat n’est pas sans conséquence sur la fiscalité des rachats postérieurs
La direction de la législation fiscale vient, par une lettre du 31 mai 2010, apporter une précision importante sur ce point.
Rappelons que selon l’administration l’assiette taxable se détermine de cette façon :
Montant du rachat partiel – (Total des primes versées à la date du rachat partiel × Montant du rachat partiel/Valeur totale de rachat à la date du rachat partiel).
En cas de rachats antérieurs, l’administration déduit de l’assiette taxable la fraction des primes ayant déjà fait l’objet d’un remboursement (Pour l’application de cette formule, le total des primes versées à la date du rachat partiel s’entend du total des primes versées qui n’ont pas déjà fait l’objet d’un remboursement lors d’un rachat partiel antérieur (D. adm. 5 I-3225, préc.).
Ce mode de calcul n’est pas sans conséquence en cas de rachat sur un contrat en moins value.
Exemple : Monsieur Martin souscrit en 2006 un contrat multisupports en investissant une prime unique de 120 000 €. En 2010, la valeur du contrat est de 100 000 € ; monsieur entend racheter 25 000 €.
En application de la formule, l’assiette taxable devrait être la suivante :
25 000 -(120 000 X 25 000/100 00) soit 25 000 -30 000 € ;
Le mode de calcul conduit donc inévitablement à considérer que le montant des primes remboursées lors de ce rachat partiel est de 30 000 €. Ce qui naturellement est faux puisque cette valeur excède la somme effectivement rachetée par le souscripteur !
Supposons, par exemple, qu’à la suite d’un arbitrage avisé de monsieur Martin, le contrat se valorise et dégage des plus value.
Le souscripteur entend racheter 10 000 € supplémentaires. Lors de la demande de rachat, le contrat à alors une valeur de 130 000 €.
En application de la formule l’assiette taxable devrait être la suivante :
10 000 € – (90 000 [120 000 -30 000] X 10 000/130 000) = 10 000 € – 6923 € soit 3077 €.
Le souscripteur supporte donc l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sur cette base.
0r, en vérité, comme nous l’avons vu, le capital effectivement racheté n’a pas été de 30 000 € mais en l’espèce de 25 000 €, soit le montant du rachat.
La base taxable, en toute justice, aurait du être calculée de la façon suivante :
10 000 € – (95 000 [120 000 -25 000] X 10 000/130 000) = 10 000 € – 7307 € soit 2693 €.
C’est en ce sens que, sollicitée sur ce point par la FFSA, vient de se prononcer l’administration fiscale : Pour celle-ci, la part des primes remboursées est plafonnée au montant du rachat.
Le nouveau mode de calcul s’applique à tous les rachats, même si les rachats sur les contrats en moins value sont antérieurs à la diffusion de la lettre.

par PARRA
27 juin 2010 à 11:57
Bonjour M. LEROY
J’aurais voulu savoir si en présence de rachats multiples et échelonnés dans le temps, une moins-value (MV) pouvait s’imputer sur une plus-value (PV).
Dans votre exemple : le 1er rachat génère en principe une MV de 5.000 € et le 2nd rachat une PV de 2.693 €
Subsidiairement, je tiens à rappeler que certains rachats sont exonérés lorsqu’ils concernent des primes versées avant le 26/09/97 ayant généré des produits acquis ou constatés avant le 01/01/98.
Dans ce cas, il faut utiliser une règle de 3 pour calculer ce qui est et ce qui n’est pas taxable.
Montant du rachat – (montant des primes versées * montant du rachat / valeur du contrat) * (produits capitalisés depuis depuis le 26/06/97/ produits capitalisés totaux)
Exemple (cf. exemple 2) :
Valeur du contrat : 130.000 €
Total des primes versées : 95.000 €
Primes versées depuis le 26/06/97 : 20.000 €
Produits capitalisés : 35.000 €
Produits capitalisés depuis le 26/06/97 : 25.000 €
Rachat partiel : 10.000 €
Imposable : 10.000 – (95.000 * 10.000 / 130.000) * (25.000/ 35.000)
= 1.923 € au lieu des 2.693 € imposable en l’absence de tous versement exonéré !
par PARRA
27 juin 2010 à 12:01
Au lieu de
Primes versées depuis le 26/06/97 : 20.000 €
Lire
Primes versées avant le 26/06/97 : 20.000 €
Dans mon exemple, les primes versées avant cette date sont moins importantes que celles versées après, il en va de même des plus-values générées par ces mêmes versements.
par michel leroy
29 juin 2010 à 08:00
Bonjour monsieur Parra,
Merci de ce rappel pour les versements exonérés. Naturellement, il faut tenir compte de la date de versement des primes, mais ce n’était pas le propos de ma note.
Sur la première question, dans tous les cas, il faut appliquer la formule retenue par l’administration fiscale. Ce qui signifie que lors du rachat en moins value, il n’y aura pas d’imposition, alors que lors du second rachat en plus value, l’imposition sera due.
par Vicquet
24 nov 2010 à 15:46
C’est somme toute assez logique de la part de l’administration fiscale, compte tenu du BOI 5 I-5-05 du 26/12/2005 qui mentionnait le même principe pour les calculs d’assiette de la CRDS sur le compartiment exonéré (voir notamment les deuxième et troisième retrait du premier exemple, annexe 2 du BOI).