La loi de finances 2010 modifie, à la marge, le régime fiscal de la tontine.Chacun se souvient des dispositions de l’article 754 A du CGI avant sa modification par la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 : Les biens recueillis en vertu d’une clause insérée dans un contrat d’acquisition en commun selon laquelle la part du ou des premiers décédés reviendra aux survivants de telle sorte que le dernier vivant sera considéré comme seul propriétaire de la totalité des biens sont, au point de vue fiscal, réputés transmis à titre gratuit à chacun des bénéficiaires de l’accroissement.
Cette disposition ne s’applique pas à l’habitation principale commune à deux acquéreurs lorsque celle-ci a une valeur globale inférieure à 76 000 €.
La tontine est une stipulation qui a pour effet d’attribuer la propriété exclusive du bien, objet de la clause, au survivant des parties.
Le bien est censé n’avoir jamais appartenu, fut-ce pour partie, au patrimoine du défunt. Le survivant n’a donc pas l’obligation d’indemniser les héritiers du prédécédé.
Elle est utilisée, dans la très grande majorité des cas, dans un cercle familial, entre époux séparés de biens ou entre concubins, ou encore entre parent et enfant, pour permettre à chacun de jouir, sa vie durant, d’un bien dont le survivant recueillera la propriété.
La clause de tontine est une stipulation aléatoire, puisque les parties acceptent un risque de perte ou un espoir de gain déterminé par l’incertitude de la durée de vie des parties
La clause de tontine est essentiellement utilisée pour l’acquisition en commun d’un bien immobilier. Techniquement, la tontine prend la forme d’ une clause, selon laquelle, chacune des parties déclare acquérir sa part sous la condition suspensive de sa survie et sous la condition résolutoire de son pré-décès.
Avant le décès du premier d’entre eux, la clause ne produit aucun effet. Plus exactement, les parties sont titulaires de droits conditionnels équivalents, ce qui exclut l’application des règles de l’indivision (Cass. ch. mixte, 27 nov. 1970, Bull. civ., n°3). En effet, la propriété du bien est censé appartenir au survivant depuis l’origine. Elle n’a jamais été indivise. Il en résulte plusieurs conséquences : la stipulation, écartant par sa nature même l’idée de copropriété, doit organiser les modes de gestion du bien. En effet, par la clause de tontine, les parties entendent jouir en commun jusqu’à la fin du pacte. En pratique, le pacte tontiner prévoit que les parties jouissent ensemble du bien. Ensuite, l’effet de la clause est d’interdire aux parties de réclamer le partage ou la licitation. Seul leur accord permet la disposition de l’immeuble acquis sous quelque forme et à quelque titre que ce soit, ou la constitution sur ce bien d’un droit réel quelconque.
Sur le plan fiscal, en revanche, la clause est analysée comme une transmission au survivant de la part du prédécédé, soumise, sauf exceptions, aux droits de mutation à titre gratuit. Tel est le sens de l’article 754-A du Code général des impôts précité.
Lorsque les droits de mutation sont dus, ceux-ci sont liquidés au tarif en vigueur au jour du décès en fonction du lien de parenté entre les parties au pacte.
Le survivant doit donc déposer une déclaration de succession, même s’il ne reçoit pas le bien par la voie successorale.
Dans son état antérieur à la loi de finances, l’article 754 A excluait cependant l’hypothèse de l’habitation principale commune aux deux acquéreurs, lorsque celle-ci a une valeur globale inférieure à 76 000 euro.
Pratiquement, il en résultait, lorsque la clause de tontine portait sur l’habitation principale, le régime suivant :
1) Valeur de la résidence principale, objet du pacte tontinier, supérieure ou égale à 76 000 € au jour du décès. Taxation éventuelle de la part revenant survivant au droit de mutation à titre gratuit (donc exonération le plus souvent)
2) Valeur de la résidence principale, objet du pacte tontinier inférieure à 76 000 € au jour du décès. Taxation de la part revenant survivant, au droit de mutation à titre onéreux.
Depuis la loi de finances 2010, cette injustice est réparée par l’ajout de la disposition suivante : Cette disposition ne s’applique pas à l’habitation principale commune à deux acquéreurs lorsque celle-ci a une valeur globale inférieure à 76 000 €.sauf si le bénéficiaire opte pour l’application des droits de mutation par décès .

par CHEMIN CUSSAC
22 fév 2011 à 09:36
acquisition maison novembre 1997 en tontine valeur 475 000 francs par deux personnes occupation maison à titre habitation principale
en cas de décès d’un des signataires de la tontine
en fonction des dernières législations y a t’il imposition ?
si oui sur quelle tranche
comment l’administration évalue la valeur maison au moment du décès?
par michel leroy
26 fév 2011 à 11:07
Bonjour,
Vous me posez une question ?
Car je ne vois dans ce texte, ni bonjour, ni s’il vous plait, ni autres formules de courtoisie….
Vous me permettrez alors de ne pas répondre
par DU REPAIRE Martine
21 mar 2011 à 00:27
Bonjour,
Je viens de prendre connaissance de votre article « un mot sur la clause de tontine » que j’ai trouvé très interessant.
Je souhaite bénéficier d’un conseil, si vous le voulez bien.
En union libre depuis 14 ans, nous avons décidé de nous pacser en 2008. Nous sommes respectivement parents de 2 enfants issus d’unions précédentes. Nos 4 enfants sont majeurs .
Nous sommes propriétaires indivis de notre résidence principale depuis 2004. Nous envisageons de vendre ce bien pour racheter dans le cadre d’une mutation professionnelle.
Sous quelle forme juridique avons nous intérêt à acheter notre future résidence principale sachant que notre volonté première est de nous protéger réciproquement? Dans l’idéal, nous ne souhaitons pas deshériter nos enfants mais seulement leur permettre d’hériter au moment du deuxième décès et leur transmettre 4 parts égales.
Si j’ai bien compris l’esprit de la tontine, cette clause règle notre premier souhait mais ne répond pas à l’ensemble de nos attentes.
Je vous remercie par anticipation de l’attention que vous voudrez porter à ma demande de conseils.
Salutations cordiales.
Martine du Repaire;
par michel leroy
21 mar 2011 à 11:14
Bonjour
Vous me posez là une question très classique à laquelle naturellement je ne peux répondre que de façon générale, n’ayant pas connaissance de votre situation patrimoniale.
Si vous ne souhaitez pas vous marier ou vous pacser vous vous placez dans une situation où le transfert de droits au survivant est plus complexe. De plus, en présence d’enfants issus d’un premier lit il faut tenir compte des règles de la réserve héréditaire.
L’acquisition ou l’apport à une SCI du logement de la famille avec une clause de tontine portant sur une grande partie des parts sociales peut constituer une réponse, car ce mécanisme va protéger les droits du survivant et en principe effacer les droits de mutation.
Mais je ne peux pas vous répondre comme cela « en l’aiur » en quelque sorte sans autres précisions.
Bien cordialement
M.L.
par MAVRIDOGLOU
16 juin 2011 à 18:53
Bonjour,nous ne sommes pas marié ni nous vivons pour l’instant ensemble.Si nous achetons sous la loi tontine pour vivre ensemble mais sans se marié et que l on se marie par la suite dans quelques années, est ce que cela change quelques chose entre nous?
Comment cela se passe-t-il par la suite quand tous les deux nous ne sommes plus la. Il a deux filles majeures moi meme une est ce que le partage se fait équitablement? Si elle ne sont pas d’accord sur le prix?? ou autre qui tranche ??
Merci de répondre a toutes ces questions compliquées.
H.M
par michel leroy
17 juin 2011 à 08:46
Bonjour,
vous me posez plusieurs questions :
- Lorsque le premier d’entre vous disparaît, le survivant est juridiquement censé être le seul propriétaire du bien. De sorte qu’au décès du second, le bien figurera dans son patrimoine successoral et fera l’objet d’un traitement identique à tous les biens; Dans votre cas de figure, si vous survivez à votre concubin, les deux filles majeures de votre compagnon n’auront aucun droit sur le bien lors de votre décès, étant parfaitement étrangères à votre succession.
- Sur l’effet du mariage, vous avez raison de vous poser la question. L’incidence du mariage n’est cependant réelle que si vous vous mariez sous le régime de la communauté universelle avec attribution de la communauté au survivant. Dans les autres cas, au décès du premier d’entre eux, le bien sera propre au survivant
par taochet
18 juin 2011 à 22:07
Bonsoir monsieur,
j’aurais voulu savoir, dans le cas d’une tontine,quand l’un des deux concubins décède et que la maison vaut plus de 76000 euros, sur quel montant s’applique la taxation à 60% pour le survivant. Sur la totalité de la valeur du bien ou sur la différence entre la valeur et 76000€? Merci.
par richard sylvain
06 sept 2011 à 22:21
bonjour ma compagne est décédé nous avons acheté une maison en tontine le 30/04/1999 pour la somme 30500 euro .notre maison principale aujourd hui sa valeur est de 100000 euro nous avons un fils de 15 ans atteint d une myopathie de duchene étant invalide a plus de 80 pour cent don je m occupe .qu elle démarche me faut il faire ,va t il faloir payer un droit de succéssion , si oui a qu elle pourcentage.je vous remercie. salutations cordiales .R.S
par gudule
30 sept 2011 à 22:01
Bonjour,
Pardon de rouvrir ce post déjà ancien et très éclairant, mais une question me taraude.
Pourriez-vous s’il vous plaît m’indiquer s’il est possible d’insérer un pacte tontinier dans les statuts d’une société autre que la SCI (SARL ou autre)? Si oui quelles formalités sont à réaliser pour le survivant pour faire valoir ses droits?
par gudule
30 sept 2011 à 22:02
Merci d’avance